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Cécile Delmas, nouvelle laïque consacrée pour l'Eglise de Poitiers

Un an après Christelle Fradin, Cécile Delmas s'est engagée, en ce dimanche 4 mai dans l'ordre des vierges consacrées. Vivant actuellement deux missions de front (l'une au sein de la pastorale de la santé et l'autre au sein du service diocèsain de la pastorale liturgique et sacramentelle), Cécile Delmas déploit sa vie de foi sous un autre angle, en étant consacrée pour le diocèse de Poitiers.
La célébration, présidée par Monseigneur Pascal Wintzer, évêque auxiliaire, s'est déroulée avec les membres de la communauté locale de St Paul, son lieu habituel de pratique dominicale. A l'appel de son nom, Cécile a répondu: "Me voici Seigneur, puisque tu m'as appelé". Entourée de sa famille, d'amis et de collègues, Cécile a été revêtue du vêtement blanc rappelant son baptême, a reçu l'anneau signe de l'alliance avec le Christ et le livre de la prière des heures de l'Eglise. Cette célébration fut belle, recueillie, priante et chantante. Au terme de la célébration, un verre de l'amitié a rassemblé tous les participants dans la joie de cet engagement.


  

MAGNIFICAT !

 Mais qui est Cécile au juste ? 

Musique maestro ! Cécile est au pupitre. Dans la cathédrale, la foule reconnaît de loin sa silhouette menue. Elle paraît si fragile. De naturel timide, elle aime d'ordinaire rester discrète. Mais face au chœur diocésain, avec son écharpe bleue, elle est comme métamorphosée. D'un geste
énergique, elle capte tous les regards. À son signal, le chœur entonne à pleine voix : « Honneur et gloire à ton Nom, alléluia, alléluia ». Radieuse, Cécile sourit, transfigurée. Son visage exprime une allégresse intérieure et une détermination largement communicatives. Allegro vivace !

On ne peut pas comprendre l'histoire de Cécile, ni son alliance avec Dieu sans la musique.

Née à Paris, troisième enfant d'une famille de cinq, Cécile a grandi à Poitiers et y a fait toutes ses études. « Je me sens d'ici. » dit-elle, gênée de devoir parler d'elle. Elle poursuit mezzo voce. Ses parents vieillissent actuellement dans une maison de retraite près de chez elle. Elle leur doit beaucoup. Son père était juge d'instruction, sa mère à la maison, était particulièrement attentive à sa sœur malade, différente. « J'ai reçu beaucoup de maman qui nous a donné une éducation chrétienne. On se retrouvait le soir en famille pour prier ensemble. »

Dès l'âge de neuf ans, Cécile se met au piano. Andante ! L'amour de la musique ne la quittera plus. La musique est un cadeau qu'elle veut partager à d'autres. La voilà donc jeune professeur en collège. Une entrée brutale dans une réalité qui la déconcerte. « Le monde des adolescents, je n'y étais pas préparée. Quel décalage entre leur univers musical et le mien ! » Respectueuse de la laïcité, l'enseignante ne parle jamais de Dieu à ses élèves, mais elle a le souci de proposer des chants qui ont du sens, comme « Tu es de ma famille » de Jean-Jacques Goldman, ou : « Qu'est-ce qui pourra sauver l'amour ? » de Balavoine. Cécile sourit à ses souvenirs. « Ça marchaitmoderato ! » Le métier l'éprouve, même s'il y a de beaux moments, comme avec cette élève insupportable en qui Cécile découvre un jour un goût pour la musique, et du talent. « Je l'ai mise en valeur, l'invitant à chanter devant la classe, et elle a complètement changé. Grâce à la musique, elle a pris confiance en elle, et… moi aussi, j'ai pris confiance en moi. »

La joie de Dieu ne trompe pas.
Cécile reste tourmentée. « Je me posais beaucoup de questions. Quelle était la volonté de Dieu sur ma vie ? » Presto agitato. En 1978, l’année de son entrée dans la vie professionnelle, elle fait une rencontre déterminante avec le Seigneur lors d'une session Fondacio. « Si quelqu'un vient à moi, je ne le jetterai pas dehors. » Cette Parole de Jésus l'illumine et l'arrache à ses doutes. Elle (re)découvre le don de l'Esprit Saint à la source de sa vie, cet Esprit reçu à son baptême qui lui murmure : « VIS ! » - « C'est fort, j'ai le droit de vivre. L'Esprit me rend le goût de vivre. Je peux chanter, m'autoriser à louer Dieu, à jouer pour lui de toutes mes forces. » Dans cette communauté, elle découvre des chrétiens heureux, ce qui la change de sa paroisse plutôt triste. Elle renaît. Allegretto, Alléluia !

"Tu as du prix à mes yeux, je t'aime"  Isaïe 43

Après trois ans à Fondacio, elle sort suivre d'autres formations humaines et chrétiennes pendant les vacances scolaires, où elle enchaîne des stages de musique et des retraites. Rondo vivace.

Deux tournants.
En 1994, entre mariage et célibat pour le Seigneur, Cécile discerne et choisit. L'expérience d'un accompagnement lors d'une retraite ignatienne s’avère décisive. Comme la méditation quotidienne de l'Évangile, l'écoute de Dieu dans le silence. En 2001, on lui propose un poste à mi-temps en aumônerie d'hôpital. Subito presto, elle accepte pour un an. « Écouter les personnes, percevoir la beauté intérieure de leur vie, contempler en elles un reflet de Dieu dans le récit de leur histoire, quelle découverte formidable ! » En fin d'année, Cécile quitte le collège et choisit la mission au CHU. Au même moment, le diocèse lui propose de rejoindre à mi-temps l'équipe diocésaine de Pastorale liturgique et sacramentelle, ainsi que le centre de musique sacrée. Andante, molto vivace.

Mais Dieu a de la suite dans les idées. Chaque année, à la célèbre session "Musique et Liturgie" de juillet, l'ex-enseignante retrouve des adolescents au collège Saint-Martin de Couhé. Sacrée revanche ! La gentillesse de ces jeunes, leur entraide enchantent Cécile. « Ces jeunes sont assidus, sérieux, tellement loin des chahuts que j'ai connus en classe. J'ignorais qu'il existait une telle motivation chez des jeunes. Imaginez ! 60 ados réunis huit jours pour chanter et louer Dieu. Et avec quel talent ! » Cécile en a les larmes aux yeux. Elle insiste : « On entend tellement dire de choses négatives sur les jeunes. Il faut les voir à Couhé. Si seulement les communautés locales les accueillaient davantage. Il faut les fêter, leur donner une place. Ils le méritent. » Affettuoso !

Aujourd'hui, laïque consacrée. Pourquoi ?
Cécile a cherché du côté des congrégations religieuses, des instituts séculiers. Il y a deux ans, à la fin d'une retraite, la lumière est venue d'un coup. Ce qui a séduit Cécile, c'est la dimension diocésaine, le lien direct avec l'évêque qui l'enracine dans le diocèse ; son immersion dans la communauté locale. « Je ne conçois pas une autre communauté que celle des chrétiens avec qui je partage l'eucharistie semaine après semaine. Le don de l'Esprit Saint, ça ne peut pas être l'affaire d'une communauté privée. Ma consécration concerne tout le peuple de Dieu auquel j'appartiens. Le diocèse est le lieu ajusté à mon projet. »  Tempo di Valse !

Une équipe.
Cécile a cheminé un an avec une équipe d'accompagnement. Un partage indispensable, très enrichissant. "Chacun s'exprime selon sa propre vocation, que ce soit dans le mariage, la vie de prêtre, de diacre, de religieuse. Nos vocations s'enracinent toutes dans le baptême. Pour le 4 mai, j'ai choisi comme chant d'entrée : « Nous sommes le corps du Christ », à cause du leitmotiv : « Baptisés dans l'Esprit ! (Sourire) J'aspire à être facteur d'unité entre tous ceux avec qui je vis. »

Qui est le Christ pour Cécile ?
 « Il s'est livré pour moi ». Le cri jaillit, fortissimo. Ce qui fascine Cécile, c'est la relation du Christ avec son Père. « Ça éclaire complètement le visage de Dieu. Jésus reçoit tout de son Père. À l'hôpital, j'entends souvent dire : 'Si Dieu était tout-puissant, il ne ferait pas ceci ou cela, il empêcherait la souffrance, etc.' Mais si on prend au sérieux la parole de Jésus « Qui m'a vu à vu le Père » alors, on ne peut plus dire ça. Jésus a traversé nos souffrances, il a tout vécu comme nous, avec nous. En dehors de lui, Dieu reste incompréhensible. Sans l'incarnation de son Fils, Dieu serait un monstre. Je comprends qu'il y ait beaucoup de gens athées. On ne peut connaître Dieu qu'à travers l'humanité de Jésus. »

Adagio cantabile.
Quand les mots manquent pour dire l'amour de Dieu, Cécile revient à la musique. Le Magnificat de Bach est une de ses œuvres préférées. Avec Mireille, une amie très proche, elle donne des récitals. « Mireille chante sa foi en l'homme, sa foi en Dieu, et moi, je l'accompagne au clavier. Parfois, nous chantons en duo. Les gens ressentent notre complicité et apprécient l’harmonie des voix. »

La célébration de sa consécration, Cécile l'a vécue comme une "nouvelle Pentecôte". À l'évidence, Dieu la rend heureuse. Autour d'elle, beaucoup ont vécu un moment de bonheur. « Je voudrais que tout le monde redécouvre combien le baptême est une source de grâce. Une grâce toujours présente, une joie qui ne déçoit pas. » Finale : Allegro vivace !


Propos recueillis par Isabelle Parmentier

  
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Allumer le son de votre ordinateur. Vous écoutez la consécration de Cécile Delmas.
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Actualités diocésaines

Dimanche 4 mai 2008