Il faisait froid
Tu le sais. En ce début d'hiver, nous avons eu froid.
Un froid à mourir, disait le titre d'un journal. Et, en effet, des S D F sont morts dans la rue, à Paris.
Moi, j'étais bien au chaud. Comme on ne pouvait pas sortir, on s'est mis à trier des papiers.
Dans le tas il y avait " ET LES AUTRES ? ", le petit bulletin de la Fondation Abbé Pierre, avec un édito de l'abbé qui commençait comme ça :
Durant le temps des corps qui grelottent, alors, Dieu merci, beaucoup se lèvent pour secourir mal-logés et sans-abris.
C'est vrai que beaucoup de gens s'y sont mis, les travailleurs sociaux et même la police.
Mais aussi on a parlé d'eux, de leur vie, de leur liberté qu'ils voulaient garder.
Ceux qui venaient pour les aider ont été encore un peu surpris, d'après ce qu'on dit. L'abbé l'avait écrit :
Pour beaucoup de ces volontaires ... c'est la découverte de l'autre froid, le froid de la solitude.
Quelle que soit la saison, qu'on vous interdise de s'arrêter là où on veut, ça fait un peu froid au cœur. Et aussi les regards peu sympa de certaines gens, ou leurs réflexions.
Je me disais : C'est déjà vrai entre nous, les jeunes.
Les moqueries parce qu'elle n'a pas un cartable ou un blouson "de marque", ça rappelle à la fille que son père est chômeur et qu'on n'a pas beaucoup à la maison.
Et aussi Alice qui a eu un accident et qui marche mal. Elle entend : "C'est pas la peine que tu viennes, tu pourras pas suivre."
Il y en a beaucoup d'autres, à tous les âges, de ces "froids" de la vie.
Comme dit l'abbé, ne faudrait-il pas que ce soit aujourd'hui le temps de la découverte des joies
partagées
?
C'est ça qui fait chaud au cœur, même quand le thermomètre dit moins dix.
Je ne sais pas à quoi pensaient ceux qui ont fait ce beau dessin sur un mur de Monbernage...
Au fond de ce trou, peut-être qu'il faisait un peu froid ?
www.fondation-abbe-pierre.fr
Que penses-tu de tout cela ?
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