

Détail
d'un autel - Eglise d'Allonne (79)
En contemplant ce bas-relief de l'église d'Allonne dans les Deux-Sèvres, notre regard est tout de suite attiré par le personnage central de la scène qui dépasse d’une tête les deux autres. Cette hauteur de perspective inversée accentue l’importance conférée à ce personnage, peut-être est –il debout ? De sa main gauche, il tient un miche de pain qu’il élève en signe de bénédiction.
Le personnage de gauche est assis, son regard fixe le pain, sa main gauche est ouverte au-dessus de la table comme si il participait à l’offrande. Sa main droite est repliée sur sa poitrine, comme pour accentuer le fait qu’il est intimement lié à ce geste et concerné par celui-ci. Son chapeau est tombé sur son dos, sa jambe et son pied droit sont dans une position de dynamique, comme si il était prêt à se lever et à repartir. Son regard fixe le personnage de droite, il semble l’interroger, le fait de montrer le pain de sa main gauche, accentue cette impression de questionnement.
Le personnage de droite est tout recueilli. Ses deux mains croisées dans une attitude de prière, il semble ne voir que le pain levé par le personnage central. Il est assis et rien dans son attitude ne laisse transparaître un mouvement possible pour se relever. Il est entièrement plongé dans la contemplation.
Le chapeau de voyageur (identique à celui que portaient les pèlerins de Saint Jacques) laisse deviner qu’il s’agit de voyageurs qui font une escale. Leurs auréoles montrent qu’il ne s’agit pas de personnages quelconques, il s’agit de personnes qui sont saintes et ont donc témoigné du Christ. L’auréole du personnage central est différente, simplement ornée d’une croix. Cette auréole cruciforme nous précise qu’il s’agit du Christ, de Jésus ressuscité après sa mort sur la croix. Ce repas a donc lieu après la résurrection, Jésus partage le pain avec deux disciples, il s’ »agit donc du repas d’Emmaüs.
Notre regard est ensuite attiré par les deux personnages situés hors de la scène mais dont la tête est à la même hauteur que celle de Jésus. Le personnage de gauche, en habits sacerdotaux, les mains jointes, est facilement reconnaissable de par son visage très spécifique. Il s’agit de Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars.
Le personnage de droite, lui aussi en habits sacerdotaux, est jeune. Si sa main droite n’était pas cassée, il porterait une palme à la main. Il s’agit de Théophane Vénard, jeune prêtre de notre Diocèse, martyrisé au Tonkin.
Les deux colonnes de marbre qui séparent ces deux personnages de la scène centrale montrent qu’il s’agit de deux personnes qui ne sont pas situées dans le même siècle. Le fait que leur tête soit à la même hauteur que celle du Christ, nous indique qu’ils sont à sa suite, qu’ils ont été sur terre les témoins de son message. Cela nous rappelle les paroles de Jésus : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais ; il en fera même de plus grandes. » Jean 14, 12.