
Lorsque nous regardons ce caté-poster illustré par Maïté Roche, nous sommes tout d’abord attirés par une lumière éblouissante qui émane du centre de la feuille.
Le Christ nous accueille les bras ouverts, il s’offre au monde après sa résurrection, les mains et les pieds transpercés. Il rayonne d’amour et de paix pour tous les hommes de la terre, il les accueille autour de lui. Il exprime sa vie donnée et reçue. Son regard de tendresse nous appelle à aimer.
De haut en bas et de gauche à droite, s’étend une croix reliant de part et d’autre de celle-ci l’Ancien et le Nouveau Testament, l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. La croix, par son horizontalité, embrasse l’univers, et de sa verticalité, relie le ciel et la terre. Elle symbolise le sacrifice du Christ, le don de sa vie par amour pour chacun de nous, pour le salut du monde entier.
Au dessus de Jésus, le livre de la Parole… et « le Verbe s’est fait chair ».
« Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps livré pour vous. Prenez et buvez en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés… Vous ferez cela en mémoire de moi. »
Le livre de la Parole est soutenu par une colombe, celle-ci représente l’Esprit Saint. Les mots inscrits sur le livre et précédemment lus, deviennent Parole vivante dans nos cœurs.
L’arc-en-ciel est le signe, depuis Noé, de l’Alliance entre Dieu et les hommes. Cet arc-en-ciel relie d’un côté la montagne, lieu où Dieu parlait dans l’Ancien Testament et de l’autre, la ville, un lieu de vie, d’échanges et de rencontres d’aujourd’hui.
Au pied de Jésus, les paroles reprises lors de l’offertoire, sont ici illustrées : « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain et ce vin, fruit de la terre et du travail des hommes. »
Les femmes et les hommes représentés ici, expriment la fécondité du Royaume de Dieu. Le blé mis en terre est comparable à la Parole de Dieu semée en notre cœur (Mc 4,14-20). L’humanité participe par son travail à l’œuvre du créateur.
La croix, cette croix, a sa source de lumière en Jésus Christ ressuscité. De chaque côté cette lumière devient feu comme l’Esprit Saint manifesté à la Pentecôte (Ac 2,1-4) elle rayonne pour la terre entière.
Parcourons maintenant le reste du poster, il se lit en cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, à partir d’en haut à gauche.
Du mont Sinaï, Dieu révèle sa loi. Il s’est manifesté mystérieusement à Moïse, il lui a parlé au milieu du feu. Par la manne répandue sur le sol, Dieu donne à manger à son peuple. Il en est de même du mystère de l’Eucharistie, elle nous nourrit ; par là, nous découvrons la gratuité de Dieu qui nous donne le pain de chaque jour.
Les trois personnages sont des messagers de Dieu, des anges. Dieu révèle par leur action sa présence à Abraham. Sara ne participe pas directement au repas mais le prépare et va bénéficier de cette venue de Dieu parmi les hommes. Elle aura un enfant malgré son grand âge. Cela se passe au pied de l’arbre de Mambré. Abraham s’y installe. C’est là que les anges du Seigneur lui ont annoncé la naissance d’Isaac. Cet arbre dans le désert est signe de vie.
Dans l’angle de la croix, c’est la Pâque de Moïse. Après avoir fait sortir son peuple du pays d’Egypte, il prend un dernier repas comme le Seigneur l’a ordonné (Ex. 12) Nous y voyons l’agneau. Cet agneau immolé, sang versé pour nous, sera le signe de notre salut. A côté de l’agneau, le pain azyme, pain sans levain que nous reprenons à la messe. L’enfant est l’indicateur du mystère, en posant des questions au chef de famille, qui explicite le rite du repas juif.
La porte, elle est le signe du salut. En Jean 10,7-9, Jésus dit « Je suis la porte… », il est le bon pasteur, la porte par laquelle nous serons sauvés.
En faisant passer les hommes de la mort à la vie, de l’esclavage à la liberté, Jésus est le nouveau Moïse.
En bas à gauche, nous retrouvons les différents gestes de l’eucharistie.
Tout d’abord, la multiplication des pains (Jn 6,1-15) de 5 pains et de deux poissons, reçus des mains d’un enfant, Jésus donne à manger à la foule. Les apôtres sont là, autour de lui, cela évoque à la fois l’offertoire et la communion. Cette multiplication préfigure le mystère de l’eucharistie.
Et le lavement des pieds, que nous retrouvons en Jean 13,1-20, et lors de la liturgie du Jeudi Saint. L’évangéliste introduit ce geste au sein de l’amour total de Dieu pour nous. Dans le service des autres, l’amour se réalise. Ainsi notre vie est transfigurée par la présence de Dieu qui nous comble au-delà de nos désirs. Pierre ne comprend pas ce changement de rôle. Le Seigneur devient serviteur. Jésus nous invite « Nous devons nous laver les pieds les uns aux autres ». Il nous introduit ainsi dans le bonheur du Royaume en se donnant pour les autres.
Le récit de l’institution de l’Eucharistie (1 Co 11,23-26) et celui du lavement des pieds, sont deux textes qui ne font qu’un dans l’amour de Dieu.
Au dessus, le repas du Seigneur, Jésus sait qu’il va bientôt mourir, il veut célébrer la Pâque (Lc 22,15). Il veut rassembler ses apôtres dans ce repas pascal, non seulement pour les douze, mais pour la multitude des hommes.
« Ceci est mon corps livré pour vous… Ceci est mon sang versé pour vous… Faites ceci en mémoire de moi ». Ces phrases qui surgissent de son enseignement nous invitent à prendre part à la divinité du Christ. Il s’est donné pour nous. Par sa mort et sa résurrection, il inaugure la Nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes. Le salut est offert non seulement au peuple, mais à l’humanité tout entière. Une foule immense est appelée à converger vers le Royaume.
En bas à droite de la croix, Jésus ressuscité se manifeste aux apôtres. Il est transfiguré dans son corps.
Lorsqu’il se présente sur la plage, au bord du lac de Galilée, les disciples ne peuvent reconnaître son apparence physique, mais par l’accomplissement d’un nouveau miracle, il se fait reconnaître auprès d’eux. Par ce geste, il invite les croyants, les disciples, à le rejoindre et à partager ensemble le repas qu’il a préparé. Dans la barque, les disciples passent du découragement à la reconnaissance. Jean le reconnaît le premier : « C’est le Seigneur », Pierre se jette à l’eau pour parvenir auprès de lui. Là, en communiant à ce repas, ils accueillent la manifestation du ressuscité. Jésus Christ va les instituer au service de son Eglise et ils donneront ensuite leur vie pour témoigner de lui.
Regardons la première communauté chrétienne, décrite dans les Actes des Apôtres (2,42), quatre activités indissociables rassemblent les chrétiens en une communauté : - La prière quotidienne, - la fraction du pain, - L’écoute de la parole de Dieu, - Le partage des biens.
Réunis en Christ, par l’Esprit Saint, ils sont appelés à partir aux carrefours du monde pour annoncer l’Evangile. Depuis 2000 ans, les chrétiens se rassemblent et célèbrent l’Eucharistie pour porter le témoignage de l’Evangile à tous les hommes qu’ils rencontrent sur les routes du monde entier.
Marie, maman de Jésus, mère des croyants (Jn 19,26-27) est là aussi, maternellement au sein de la communauté (Ac 1,14)
Et cette rencontre sur la route d’Emmaüs, le soir du dimanche de Pâques, les deux disciples ne le reconnaissent pas, mais leurs cœurs sont tout brûlants à l’écoute de la Parole de Dieu. C’est à la fraction du pain qu’ils le reconnaissent avant qu’il se rende invisible à leurs yeux. Puis, ils vont rejoindre leurs amis pour leur annoncer la nouvelle.
Pour terminer, nous voici rassemblés à la messe et à l’envoi des chrétiens aujourd’hui.
A la fin de la prière eucharistique, le prêtre conclut la prière qu’il vient d’adresser au Père, en élevant le pain et le vin consacré, en disant : « Par lui, avec lui et en lui, à toi Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles, Amen. » Nous sommes dans le mystère trinitaire : dans notre prière au Père, le Christ s’est rendu présent. Dans ce geste, c’est tout l’amour de Dieu le Père, Fils et Esprit, l’amour pour le salut du monde qui se manifeste.
Puis au moment de l’envoi, chacun est appelé à répondre de sa foi, à être responsable, par sa propre parole, par son action, par sa vie entière.
« Allez dans la paix du Christ.
- Nous rendons grâce à Dieu. » Chacun est invité à partager le joyeux message de la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu à tous ceux qu’il rencontre.
Les chemins de
lumière expriment cet envoi de chacun, pour témoigner l’amour du Christ au cœur
de notre vie, lumière qui vient éclairer notre nuit.