

Vitrail
de St Pierre des Echaubrognes
Notre oeil est tout de suite
attiré par le graphisme très coloré de ce vitrail de l'église St Pierre des
Echaubrognes dans les Deux-Sèvres. La scène se passe dans un
endroit mi-clos, fermé sur les deux côtés par un rideau bleu et ouvert au
milieu sur un paysage lointain représentant des maisons et des arbres.
Huit personnages sont répartis
autour d'une table recouverte d'une nappe blanche. Devant la table, les deux
personnages principaux sont les seuls à vivre une action.
Le personnage de droite est agenouillé
devant le personnage de gauche qui lui est assis. Il est couronné d'une auréole
cruciforme, habillé d'une tunique blanche et drapé d'un manteau rouge écarlate,
nous comprenons qu'il s'agit de Jésus. Au-dessus d'une « vasque d'eau », il
essuie le pied du personnage de gauche avec un tissu violet clair et semble
totalement absorbé par le geste qu'il réalise, ce qui en accentue l'importance.
Le personnage de gauche est vêtu
d'une tunique vert clair, d'un manteau marron et auréolé de jaune. D est habillé
d'espérance, (le vert de sa tunique) et bien ancré dans notre réalité terrestre
(le marron de son manteau), il s'agit de Pierre. Assis il tend son pied gauche
à Jésus pour que celui-ci le lave, mais de ses deux mains, il a une attitude de
refus. Le combat intérieur qu'il a vécu pour accepter le geste de Jésus est
ainsi montré en une seule scène. C'est pour bien relever cela aussi, que son
pied gauche se situe dans la partie droite du vitrail, du côté du Seigneur.
La table est vide, comme en
attente d'un festin. Sur le côté droit de celle-ci, seuls, un calice et une
patène nous rappellent qu'il ne s'agit pas de n'importe quelle table, ni de
n'importe quel repas. Ces objets sacrés si proches de ceux que nous utilisons à
notre époque nous disent que cette scène, qui se passe au temps de Jésus, nous
concerne nous-aussi aujourd'hui.
Les six personnages debout derrière la table semblent
étonnés, surpris, tout en regardant avec attention la scène. Ils n'ont pas
d'auréole, sont en retrait, d'âges différents ils sont témoins de ce moment
important sans avoir l'air d'y prendre vraiment part.
Leur attitude nous interpelle pour que nous
puissions entrer dans la démarche sans rester seulement spectateurs. C'est un
appel à être témoins, à ne pas nous laisser envahir par nos sentiments comme
l'a fait Pierre : « Toi, Seigneur, me laver les pieds, jamais ! » Mais aussi à
exprimer notre foi en nous mettant au service des autres : « Heureux serez-vous
si vous le mettez en pratique. » nous dit Jésus encore aujourd'hui.